Trois ans après l’immense succès de la première saison, Mercredi revient sur Netflix avec une deuxième saison très attendue, dont la première partie est sortie début août. Portée par Tim Burton en producteur et Jenna Ortega en égérie, la série promettait un univers plus affirmé et une intrigue plus sombre. Cependant, même si l’esthétique progresse, la narration, similaire à celle de la saison 1, reste trop faible pour une série de ce standing.
De retour à Nevermore, Mercredi Addams est propulsée au rang d’icône malgré elle, tandis que ses visions s’intensifient et lui annoncent la mort imminente de sa meilleure amie, Enid. Confrontée à un nouveau mystère, la jeune fille se lance dans une enquête aussi obscure que dangereuse.

La série confirme son savoir-faire visuel. Tournée en Irlande, cette saison joue pleinement la carte du gothique avec un univers nettement plus sombre que sa précédente saison : vitraux, manoirs, gargouilles et forêts embrumées. L’univers, reconnaissable entre mille, porte incontestablement la patte burtonienne. Le recours au stop motion, dans une séquence unique et pleine de créativité, étant inspirée des précédents films de Tim Burton (cf. “Les Noces Funèbres” et “Frankenweenie”, entre autres ) en est la preuve éclatante. Dommage cependant que cette séquence reste isolée, tant elle aurait pu donner une identité plus singulière à l’ensemble de cette saison deux.

Si l’œil se régale, l’oreille et l’esprit se diluent d’intérêt. Le principal défaut de cette partie 1 réside dans un scénario trop dispersé : trop de sous-intrigues s’enchaînent, sans hiérarchie claire, de nombreux personnages frôlent l’ennui et les dialogues, censés refléter le langage adolescent, paraissent artificiels, écrits par des adultes qui peinent à saisir le rythme de la jeunesse. Quant à la mise en scène, elle ne parvient pas à redonner une singularité et une vivacité à la série, ce dont elle manque cruellement, tant elle est académique de constants champ-contrechamp et de transitions mièvres. Les trois premiers épisodes souffrent ainsi d’une certaine vacuité, le dernier parvenant cependant à retrouver un peu plus d’élan. Heureusement, Jenna Ortega continue d’incarner une Mercredi magistrale. Sa présence magnétique et son ironie froide maintiennent l’attention et accordent à la série une identité forte. Sans son interprétation nettement réussie du célèbre personnage des Addams, le récit sombrerait sans doute dans la fadeur.

On retient donc une esthétique puissante et des choix formels intéressants, mais englobée dans un récit trop enfantin et trop dispersé pour véritablement convaincre un grand public. Mercredi saison 2 partie 1 gagne en style ce qu’elle perd en profondeur. Elle confirme inévitablement que son héroïne est son meilleur atout, mais laisse encore en suspens la promesse d’une grande série gothique.


Image de couverture © Copyright Jonathan Hession/Netflix


  • WEDNESDAY S2 PARTIE 1 : CRITIQUE

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